Pallier,
du latin Pallium : « manteau » couvrir d'un déguisement, d'une
excuse
comme d'un manteau
en
médecine: ne guérir qu'en apparence
(Littré)
La
vie sous le manteau
Louis
VELLUET
L'accompagnement
des patients dont l'entourage médical estime que rien ne pourra plus
entraver l'évolution vers la mort s'est peu à peu structuré dans
notre société. Les services de Soins Palliatifs assurent
officiellement cette fonction. Le choix du thème de ce séminaire de
l'Atelier reposait en particulier sur la nécessité de clarifier le
rôle du médecin généraliste en face de ces institutions mais,
comme on va le voir, au-delà de cet aspect « social » ont été
traitées des questions essentielles.
La
prise en charge individualisée par les praticiens des patients
atteints d'affections mortifères ou celle du grand âge dans le
milieu de vie n'est certainement pas appréciée à sa juste valeur.
Il ne s'agit plus alors seulement de parer aux désordres physiques
mais de favoriser une survie positive. Un aspect spécifique de
l'exercice médical, trop souvent négligé, réapparaît.
Dans
la mesure où une relation transférentielle solide s'est établie
avec un patient bien identifié il devient en effet difficile de se
cacher derrière la technique. C'est ainsi que le regard, à la fois
distancié et proche, sur la clinique quotidienne, spécificité du
séminaire, s'est porté sur des dynamiques relationnelles rarement
explicitées mais d'une importance essentielle si l'on privilégie le
lien interhumain.
Les
situations cliniques décryptées au long du séminaire ont éclairé
les différents modes de reconnaissance, aussi bien que d'évitement,
de la mort approchante. Et cela concerne bien évidemment le médecin
autant que le patient, ce dernier ne détient pas l'exclusivité d'un
moi fragile.
Un
paradoxe réside dans le fait que ce que l'on a qualifié au cours
des échanges de « palliatif à long terme » va bien au-delà des
règles professionnelles communes, tout en s'appuyant sur les deux
exigences constitutives de la Médecine Générale, qui sont
l'appréciation aussi exacte que possible de la personnalité du
sujet aussi bien que la connaissance de son histoire personnelle.
Ainsi
peuvent se découvrir les modes de défense positifs ou négatifs de
tous ceux que nous devons considérer comme des humains plutôt que
comme des malades.
Il
y a certes l'obstacle fréquent et difficilement contournable du déni
mais l'on peut aussi découvrir et observer la démarche objective du
retour sur le passé. L'évocation des évènements de vie
enrichissants ou douloureux, l'analyse des satisfactions ou des
regrets.
Certes
tous les patients ne sont pas prêts à suivre ce chemin mais chaque
fois que nous pouvons accéder à la personne et l'aider à revivre
son histoire nous l'aidons à vivre avant de mourir.
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