MADAME O.
Emmanuel ESCALLE

Ce médecin avait pris très tôt le parti de ne pas confiner sa patiente dans le monde de la folie.
Au fil du temps la reconnaissance implicite de l'être humain dissimulé au sein de ses productions imaginaires a peu à peu porté ses fruits.
Mon quotidien dans les rendez-vous avec les patients est au minimum hebdomadaire, bimensuel, mensuel, trimestriel, biannuel, annuel ou sans rythme. Mais, seule Madame O s'est invitée dans mon quotidien journalier. Quand je dis invitée, c'est souvent plusieurs fois dans la journée qu'elle téléphone aux heures exactes des rendez-vous et tombe immanquablement sur le répondeur. Alors elle rappelle avec une insistance et une ténacité scientifique chaque minute jusqu'à ce qu'elle s'épuise. Je reconnais son numéro puisqu'il est masqué. Parfois elle m'empêche de faire l'appel que je souhaite faire entre deux patients, parfois de guerre lasse elle enregistre un message me demandant de la rappeler, parfois je lui réponds quand je suis disponible. Une seule fois je me suis énervé lui criant qu'elle me bloquait la ligne et que je ne la recevrais plus, si elle continuait ainsi.
Madame O. vient de Suisse, où lorsqu'on appelle un médecin, le temps de communication est facturé. Ses téléphones sont donc toujours brefs et s'ils ne l'étaient pas, je les abrège en utilisant la technique du disque rayé.
« Doctôor » - dit-elle avec son accent inimitable où tout est dans le « O » enveloppé et enroulé après avoir appuyé sur le « T », avec un « D » qui part en coup de fusil et un « R » soufflé et roulé - « le produit que j'ai dans l’œil est agressif est-ce que je peux devenir aveugle ? « Non, impossible, est ma réponse. « Ma lèvre supérieure est gonflée à droite, est-ce que ça va passer ? ». Oui, comme la lèvre inférieure, ça va passer! « Ça va passer ? » Oui, ça va passer ! Bon, merci Doctoor.
Une autre fois : « Est-ce que le morceau dur que j'ai dans le nez, ça va passer ? » - c'est vous qui pouvez répondre à cette question ! Est-ce que ça va passer, lui dis-je? Ah c'est moi qui peux répondre ! Merci. »
Ou bien une autre fois: « Doctoor, est-ce que je peux vous poser une question ? Oui ! J'ai du produit dur entre les seins, est-ce que je peux masser les seins ? Est-ce que c'est dangereux pour le coeur ? Non, vous pouvez. J'ai une autre question : J'ai du produit sur le corps difficile à laver, est-ce que je peux prendre une douche tous les jours ? Oui vous pouvez! D'accord, Doctoor, merci beaucoup. »
Encore une fois : « Doctoor, est-ce que je peux vous poser une question ? Je vous écoute. J'ai le nez froid, très froid ; Avec le produit, ce n'est grave ? Je ne dois pas m'inquiéter ? Vous pouvez vous inquiéter mais il n'y a pas de raison. Alors s'il n'y a pas de raison je ne m'inquiète pas. Merci Doctoor »
Ou bien encore: « Doctoor est-ce que je peux vous poser une question ? Je vous écoute. J'ai rendez-vous avec le gynécologue et j'ai mal au ventre. Est-ce que cela peut-être la nervosité ? C'est tout à fait possible! C'est possible ? C'est possible ! Ah bon Merci Doctor »
Pour la nouvelle année, c'était ce message enregistré : « Bonjour Doctor, j'aimerai vous laisser une information car après ce traitement dernièrement, j'ai tout de suite jamais été et ça dure jusqu'à maintenant, les douleurs dans toute le corps, tellement fort que je n'arrive pas de supporter.., terriblement,... je ne sais pas ce que .. quelle réaction de... et toute le corps est.... j'ai de la peine de vivre Doctor ...Au revoir. » J'ai rappelé: « Est-ce que ça va passer Doctor ? - Je pense que oui. - ça va passer ? Oui. Bon merci Doctor »
Mais bientôt: « Bonjour Doctoor, j'ai sans arrêt ce produit dans la bouche, est-ce que je peux l'avaler ? Oui bien sûr. J'ai peur, est ce que ça ne va pas détruire mes organes intérieurs ? Absolument pas ! - Absolument pas ? - ll n'y a aucun danger. Bon merci Doctor »
Le ralentissement des appels est notable jusqu'à un par semaine « Bonjour Doctoor, est-ce que je peux poser la question ? Oui - Dans la bouche c'est tellement difficile, même parler, ça va partir tout ça ? - A votre avis ? - Je ne veux pas que ça reste..... Est-ce que ça va partir ? Je l'espère...... le nez ça peut aussi partir ?.....le nez ça peut aussi partir ? - Oui ! Bon d'accord. Au revoir Doctor ».
Mais encore : « Doctor, est-ce que je peux poser la question ? Oui. - J'ai la tension élevée est-ce que je peux prendre des oligoéléments ? Est-ce que je peux bouger le corps ?- Je n'ai pas compris ! Possible de prendre des oligoéléments? Oui, que votre tension soit haute ou basse vous pouvez, cela n'a pas de rapport avec la tension. - Elle est redescendue et elle est à nouveau élevée. Est-ce que c'est émotionnel ? - Je ne sais pas, mais probablement. - Je ne dois pas m'inquiéter ? Non . - Bouger le corps avec la tension élevé ? - Oui vous pouvez..., parce que le docteur m'a dit que je pouvais faire dans 10 ans un accident cérébral ! Vous verrez bien dans 10 ans. - Alors je ne dois pas m'inquiéter ? - Non. - Merci Doctor ».
Hier, c'est sept fois que j'ai pu constater qu'elle appelait, en regardant l'écran du téléphone, et ... le téléphone n'est pas dans la pièce de consultation.
J'ai limité les consultations à une mensuelle où elle vient en taxi en dépensant l'équivalent du prix de la consultation sur son indemnité de l'assurance invalidité qui ne lui en permet pas ce luxe.
Le rituel est le même. Elle commence : J'ai peur de mon état, ça tombe dans ma bouche, c'est très raide dans le nez, ma lèvre est irritée, le produit est présent. J'ai mal à la tête quand je bois normalement, j'ai les yeux irrités, est-ce que ça va passer tout ça ? Le tout en me montrant ses organes... sensoriels dans une grimace horrible pour me montrer que le produit est partout. Ce fameux produit omniprésent chez elle et invisible pour autrui est celui dont je vous ai entretenu déjà il y a huit ans et qui nous a tous pénétré. Si l'on ne se souvient pas du spray, chacun se rappelle qu'elle disait avoir été sprayée par son fils lorsque je vous avais présenté Yoyo dans le cadre d'Empathie et Compassion à l'Atelier en 2008. Je vous avais alors parlé de la période 1991 ― 2008, mais depuis il y a eu 121 consultations, un quotidien en quelque sorte.
Elle a toujours son Risperdal 0,5 trois fois par jour et son psychiatre hypnothérapeute, son médecin traitant sur Suisse et celui qu'elle utilise pour sa réassurance au téléphone ou au cabinet parce que son regard n'est pas psychiatrique.
Elle sort donc son petit papier sur lequel sont notés ses questions et observations, me le donne à lire tout en me répétant à chaque fois la même chose sur ce produit, qui peine à s'évacuer et qui gêne son élocution, sa nourriture, sa sensibilité et qui diffuse à présent dans tout le corps. Depuis s'est rajouté une incontinence urinaire, des tremblements de la main gauche, une lenteur de déplacement et une détérioration relationnelle.
Les messages se sont bien espacé depuis que je les note pendant qu'elle téléphone et même raccourcis: « Bonjour Doctôor, est-ce que je peux poser la question ? Je vous écoute. Avec tout ce produit, je n'ai pas besoin d'être hospitalisée? Pas du tout. Même avec les jambes qui sont pleines du produit ? Pas du tout. D'accord, merci Doctor. »
« Bonjour Doctôor, est-ce que je peux poser la question ? Je vous écoute. ― Ecoutez ... la douleur dans le mollet et la cheville., le produit sont là. Ce n'est pas dangereux ? Non ― Est-ce que ça va passer ? Oui - Est-ce que c'est inquiétant ? Non - D'accord, merci Doctor. »
Elle sort à présent des toilettes qu'elle occupe un long moment immanquablement avant et après la consultation. Vous êtes essoufflée ? L'air ne passe pas par le nez ! Ah vous respirez par la bouche ! Elle s'assoit et a respiration se normalise. Vous tremblez des deux mains aujourd'hui ! De peur! - Vous avez peur de quoi ? La parole de Robert, que je ne vis pas, que je suis morte, que je suis dans un fauteuil roulant, que je suis paralysé comme mon père... Je n'ai pas envie que cela arrive. Le tremblement s'arrête. Elle me sort son papier en tremblant de la main gauche : J'ai les mains qui grattent (sans tremblement). Est-ce que c'est une infection ? Non. J'ai quelque chose dans le nombril (c'est l'endroit par où l'on est passé lors de la cholécystectomie en 2000) - Je suis inquiète! De quoi ? De Robert qui s'est occupé de moi après l'opération (il a fait le pansement), il y a du produit... j'ai du liquide qui sort de ma bouche, du savon. Encore Robert ? Oui il m'a fait des piqûres sur le visage pour m'injecter le produit. Agatha est venue hier et elle a pleuré en me racontant ses problèmes. Je sois me sortir de là.
Elle me montre une zone au-dessus de sa lèvre. Vous voyez ça, ici, Dooctor, tout le temps quelque chose voudrait sortir. Ici, vous voyez ? Et je regarde attentivement sans rien dire. Les piqures que m'a fait Robert, c'est pour que je sois comme les autres... J'ai de la peine à me regarder dans le miroir. Elle termine, lorsque je range ma feuille dans son dossier mettant fin à la consultation : Lorsque j'ai vu mon père paralysé la dernière fois, je lui ai pris les mains et qu'il s'est mis à chanter, mais ma mère m'a fait sortir parce qu'elle aurait des problèmes avec lui.... Robert crie sur moi... terrriblement !
Afin de définir ce que pouvait bien être pour elle le palliatif, je lui avais posé la question : « Est-ce que c'est possible que ce produit parte totalement ? ». A ma grande surprise, elle m'avait répondu : « Vous m'avez dit que quand c'est entré, ça peut sortir! Et puis que le corps va faire son travail d'élimination. Vous m'avez dit aussi qu'en ramollissant et en diluant le produit, il allait s'évacuer ». Alors je lui ai demandé si elle pouvait oublier ce produit ? Ses yeux se sont allumés et elle a souri.
Je me suis alors dit que l'art de la suggestion était bien celui du médecin de famille, celui du quotidien, qui surgit entre Empathie et Compassion, dans l'attention à l'instant présent, qui ne contient aucun palliatif.
Emmanuel ESCALLE

LA DISCUSSION

La patiente est âgée de 70 ans. Elle a commencé sa vie sociale par une formation et un travail d'ingénieur avant de devenir sophrologue. Ce trajet étonnant suscitera beaucoup d'interrogations, en particulier concernant les liens avec sa pathologie.
Elle a eu deux enfants, une fille aînée qui a actuellement une quarantaine d'années et que l'auteur a suivi avec ses deux enfants avant un éloignement, un frère cadet peu connu. On apprend d'emblée que c'est seulement 5 ou 6 ans avant aujourd'hui que la soeur a pu révéler enfin à sa mère les abus sexuels qu'elle a subi de son frère. Quel rôle a pu jouer cette révélation dans l'équilibre psychique de la patiente sera un des thèmes de réflexion, entre autres, pour les participants.
La patiente est suivie par un psychiatre hypnothérapeute mais, dit l'auteur, « cela n'a pas fait bouger grand-chose ». elle a touché un peu de son passé, parlant beaucoup de son père, mais les symptômes n'ont pas été modifiés. Le psychiatre semble avoir lâché prise depuis deux ou trois ans mais il continue à la voir.
Emmanuel E. définit très précisément, et il y reviendra à plusieurs reprises, le rôle qu'il a choisi pour cette relation. II est médecin mais pas psychiatre, il se refuse à poser des diagnostics. Il a décrit dans son texte, et redit au cours des échanges, sa façon de répondre aux questions répétitives de sa patiente de manière calme et assurée. Il ne se veut détenteur d'aucune certitude, il a pris peu à peu le parti de « la regarder dans son être ». Il reçoit et écoute une personne, une humaine et pas une malade ou une folle. « Est-ce rentrer dans son délire demande un participant ? » à quoi répond l'auteur : « j'accepte sans mettre de nom. » C'est sans doute cela qui peut permettre à la patiente de ressentir, et de dire, « vous êtes le seul à me croire.. » et peut-être comme le suggère une intervenante, associant à un cas personnel, « le seul à comprendre que mes symptômes ont un sens ».
Cette question du sens revient bien évidemment tout au long des échanges, le symptôme très particulier évoqué par Emmanuel E. dans un séminaire précédent (« j'ai été sprayée ») est resté dans la mémoire des participants. Le lien avait été fait spontanément avec des actes ou abus sexuels mais la métaphore semble recouvrir un sens plus complexe. D'autres exemples évoqués par la patiente suggèrent maintenant une substance pulvérisée sur le corps. Une hypothèse sera brièvement abordée à ce sujet, associant à l'origine polonaise de la patiente. Y a-t-il eu dans l'histoire familiale, dont on ne sait pratiquement rien, si ce n'est que la patiente dit avoir été la seule à comprendre son père, des faits ou des fantasmes liés aux excès nazis ? On associe aux gaz meurtriers.
Évoquant les choses bizarres qu'elle a subit, la patiente dit « ça s'est passé pendant mon sommeil », on suggère que la suite de la phrase est « je ne suis pas responsable ».
A tous les moments de la discussion l'énigme du changement d'orientation sociale sera reprise. Que s'est-il passé lors de son passage à la sophrologie ? y a t-il un lien avec la rupture conjugale ?
Était-ce le besoin, et le désir, de revenir sur certains aspects de son passé, trouver un sens à sa vie, obtenir les réponses de son père qu'elle n'a pas eu ?
C'est à ce propos que le rôle de l'auteur va apparaître plus clairement encore. On est frappé par le progrès du discours de la patiente. Elle est passée de l'interrogation à la reconnaissance de quelque chose à évacuer et au sentiment que ce quelque chose peut être évacué. On perçoit même une connivence avec Emmanuel E. : « je sais que tu sais »,..
Celui-ci aura cette remarque lors des derniers échanges : « elle est arrivée comme folle, je la considère maintenant comme normale ».

ÉLÉMENTS THEORIQUES
Gérer le délire, une autre forme de palliatif

LE MEDECIN COUTEAU SUISSE
E. Escalle revendique, avec cette patiente, une posture de rencontre humaine sans rôle de psychiatre, de généraliste, ou même de thérapeute, comme huit ans auparavant. Pourtant à l'époque déjà, la patiente et les circonstances l'avaient obligé à sortir de cette position. « La dissociation, çà ne se décide pas. ..si tu ne veux pas être médecin, les patients vont te rappeler que tu l'es.» Il était donc passé par tous les rôles du médecin généraliste, intervenant en particulier en coordonateur des soins lorsque la tumeur apparue sur la cicatrice du cancer du nez lui avait fait craindre une récidive. II nous décrivait alors avec empathie, une patiente « solide, intelligente et digne. » L'observation contenait tous les éléments biographiques utiles pour décrypter l'histoire de cette patiente et tenter de déjouer une évolution déjà inquiétante, bref pour assurer la fonction psychothérapeutique du MG.

Mais, entre temps, la patiente est passée du coté de la psychose, probable psychose hallucinatoire chronique *. « Je la vois en tant que moi, sinon en tant que médecin je devrais lui prescrire un médicament psychiatrique ». La compassion a pris progressivement le relais de l'empathie initiale, avec la perte de l'espoir d'aider à la guérison, et accompagne la persistance du désir d'aider cette patiente malgré son comportement invasif. Il a posé la limite entre soutien et collusion en acceptant de parler du « produit » mais en précisant que « c'est son interprétation, ce qu'elle sent mais pour moi y pas de produit », et « sans utiliser le mot délire, pour maintenir le contact avec elle ». Il a visiblement posé la loi aussi dans sa façon d'inciter la patiente à se protéger puisqu'elle lui demande si elle peut se faire toucher par l'infirmière à travers les massages. La constance bienveillante qu'il assure auprès d'elle est saluée avec un respect admiratif par le groupe. Le médecin navigue entre empathie, compassion et crainte de l'envahissement.
On est arrivé dans le palliatif, avec les fonctions thérapeutiques qui accompagnent cette phase des soins. D'ailleurs, la patiente ne s'y trompe pas, qui, l'ayant choisi parce que c'était écrit Docteur sur la plaque, continue à le nommer en tant que tel à chacune de ses questions. EE répond à ce transfert paternel en affirmant avec certitude ce qui est ou n'est pas, comme auprès d'une enfant.

LA CRAINTE D'ETRE ENTRAINE vers un point de non retour, clairement exprimée par l'auteure précédente, apparaît ici en filigrane. Elle explique probablement que toute l'énergie soit focalisée sur la diminution des tensions. L'élaboration ne semble plus avoir de place. Le travail du groupe fera écho à cet état de fait, rencontrant une certaine opacité sur les questions de biographie et une réticence à l'établissement de liens, d'où une difficulté à reconstituer l'histoire et trouver du sens à ce délire. Ce patinage collectif pourrait être un symptôme des réticences profondes de la patiente à accéder à un traumatisme ou un conflit profond. Le délire serait un compromis inconscient pour faire barrage à cet insupportable qui tenterait d'émerger.

Une autre inquiétude transparaît : « comment peut-on vivre une vie normale jusque si tard et décompenser avec une telle dégradation progressive ». La nécessité d'une prise de distance du médecin pourrait en découler, d'autant que EE a été très proche de la patiente, partageant avec elle ce désir d'aider les autres qu'elle a tenté de réaliser à travers la sophrologie. Heureusement que cette dérive vers ce monde de sable mouvant et d'angoisse de la psychose est exceptionnel, ne serait ce que pour ne pas perdre nos repères entre normal et pathologique, entre plaisir d'accompagner un réaménagement profond et regret de n'assurer qu'un soutien prudent.
Le besoin de poser de telles limites conforte le diagnostic de psychose.

AMELIORATION/AGGRAVATION
Certains éléments semblent encourageants mais E. Escalle nous relate une détérioration progressive avec refus de manger, refus de voir ses petits enfants, sorties de plus en plus rares. La dépendance de la patiente est de plus en plus marquée, avec une mise à contribution de ses enfants problématique, sa fille revenant consulter pour dire « si çà continue comme çà je me suicide » et le psychiatre n'en pouvant plus.

En fait, de la déstabilisation initiale que suggérait l'attrait de la sophrologie, la patiente est arrivée vers la dépression puis la maladie somatique grave et enfin la psychose. Même si le délire a pu être déclenché par un événement stressant*, il est compliqué de faire la part de la remontée de conflits infantiles non résolus, des événements de vie stressants accumulés: licenciement, mésentente du couple, cancer du sein, divorce, décès du père, transgression du fils, révélation des attouchements du fils sur sa sœur. Le cancer du nez arrive après le « sprayage » par le fils ce qui donne un autre regard sur les plaintes délirantes de la patiente.
Le contenu de la relation s'est donc adapté à ce changement de cadre nosologique.
EE conclut malgré tout qu'il va revoir la chronologie des faits.
ACP

* Délires chroniques. psyfontevraud.free.frlcours/1 « apparition tardive d'un délire chronique... chez une femme âgée et vivant seule, de mécanisme principal hallucinatoire, sans dissociation mentale... Les hallucinations cénesthésiques (... attouchements sexuels) et olfactives seraient plus fréquentes que dans les autres pathologies délirantes. Les thématiques les plus fréquemment rencontrées sont à contenu de persécution, sexuelle, mystique ou d'influence»

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